L’année 2014 sera celle de la commémoration du début de la Grande Guerre. Une mission du centenaire a été créée en 2012 sous forme de GIE par le gouvernement pour mettre en œuvre un programme. Elle travaille sous l’autorité du ministre délégué chargé des Anciens Combattants, M. Kader Arif. Le conseil d’administration est présidé par le général Elrik Irastorza. Il est composé de représentants de seize organisations.
par Joël Broquet
Copier le lien
En prélude aux manifestations qui se dérouleront en 2014 il est actuellement (en principe entre le 9 et le 16 novembre 2013)procédé à une grande collecte de documents privés datant de cette période (des journaux intimes, des carnets, des correspondances, des photographies, mais aussi des tracts et des affiches…).
La collecte de ces documents personnels s’effectue dans une cinquantaine de lieux. Cette campagne de numérisation fait partie d’un vaste projet européen, Europeana 1914-1918, qui associe musées, services d’archives municipales et départementales, universités et bibliothèques pour mettre en valeur, notamment sur Internet, environ 400 000 sources sélectionnées.
Quant aux documents que remettent les familles pour qu’ils soient numérisés, ils seront ensuite restitués au contributeur ou, si ce dernier le souhaite, confiés en don ou en dépôt à l’établissement qui assure la numérisation.
Un comité des communes pour la commémoration de la Guerre de 14/18 a également été constitué. Le diocèse aux Armées, de son côté a constitué une commission spécialisée animée par le Contrôleur général des armées Philippe Nicolardot.
Ce sont de multiples commémorations de toute nature (colloque, exposition, conférence…) qui se dérouleront tout au long de l’année. Le caractère très officiel de ces manifestations mobilisera différentes institutions, chacune dans son champ d’action, au premier rang desquelles les associations d’Anciens Combattants, ou à vocations historiques, mais aussi les organismes investis de missions pédagogiques, comme l’Éducation nationale qui prépare des supports pédagogiques à l’usage des établissements scolaires.
Les moyens financiers des autorités chargées de superviser ou labelliser les événements seront réduits au minimum, du fait de la crise budgétaire actuelle, mais les enjeux idéologiques n’en seront pas moins importants quand il s’agira de traiter des « fusillés pour l’exemple » ou de commémorer les Tirailleurs sénégalais (que certains réseaux veulent qualifier « d’engagés involontaires » pour mieux discréditer la « guerre impérialiste »).
« La garde du drapeau » aquarelle de Georges Scott, d’après nature.
Au-delà des seuls rappels historiques, encore vivaces dans quelques familles, les commémorations seront l’occasion de s’interroger sur les causes de cette guerre mal préparée, conduite sous le signe de « l’Union sacrée » et si meurtrière qu’il parut impossible, à ceux qui en avaient réchappé, qu’elle ne fût pas la « Der des Der ». Pendant les quatre ans qui viennent, les occasions ne manqueront pas de se pencher sur cette tragédie aux allures de boucherie, qui, si elle a vu le retour à la France de l’Alsace-Lorraine, a aussi annoncé la fin de la suprématie européenne.
2014 sera également l’Année Charles Péguy mort au champ d’honneur le 5 septembre 1914 ; anniversaire déjà annoncé par un bel article de Christian Tarente dans la Nouvelle Revue universelle 1 d’octobre 2013.