Le mystère du mal dans l’homme - France Catholique
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Aumôniers militaires : servir les âmes et les armes
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Le mystère du mal dans l’homme

C'est dans le récit de la chute originelle qu'il faut chercher l'origine du mal et du déséquilibre de notre nature.
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© mart production – pexels

Le meurtre de la petite Louise âgée de 11 ans par un jeune homme de 23 ans produit un effet de sidération. Comment cela est-il seulement possible ? Ce n’est pas seulement la montée de la violence, notamment chez les plus jeunes, qui est en cause, en tant que phénomène de « décivilisation ». C’est l’existence même de cette possibilité d’une sorte de mal absolu qui trouble les consciences.

Faut-il l’imputer aux seules conditions d’une vie sociale perturbée qui empêcherait une maturation raisonnable des individus ? Oui, bien sûr, tous ne disposent pas des mêmes chances pour réussir dans une carrière. L’éducation, à commencer par celle de la famille puis celle du milieu scolaire, s’avère primordiale et tous ne bénéficient pas des avantages de l’élite sociale. Pourtant, il peut y avoir de l’honnêteté et de l’honneur à tous les échelons possibles, à commencer par les plus humbles. Et nous ne manquons pas d’exemples, qui démontrent à l’inverse que les privilégiés de la fortune peuvent sombrer dans les pires addictions.

« Un loup pour l’homme »

Faut-il donc s’interroger sur une cause fondamentale de dysfonctionnement qui tiendrait aux profondeurs de l’inconscient, à la suite de la psychanalyse freudienne ? Freud s’est chargé de nous en avertir : « L’homme n’est pas cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être, au contraire, qui doit porter au compte de ses données pulsionnelles une bonne somme d’agressivité… L’homme est en effet tenté de satisfaire son besoin d’agressivité contre son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger de la souffrance, de le martyriser et de le tuer… Homo homini lupus. » Oui, l’homme est un loup pour l’homme !

De la Genèse à la Rédemption

À vrai dire, Freud n’est pas le premier inventeur ou explorateur de l’instinct de mort. Il a été précédé de longue date par la théologie chrétienne, elle-même dans la suite de la théologie biblique. Pour traiter un tel sujet, il faudrait affronter un long parcours qui commence à la Genèse, se poursuit avec saint Paul et l’élucidation de la Rédemption apportée par le Christ, toute la pensée augustinienne qui s’attache à comprendre les racines du péché originel et les conséquences que Pascal en tirera.

Voilà qui nous amène à une véritable conversion, avec la nécessité de passer justement des profondeurs freudiennes aux profondeurs augustiniennes. Augustin, comme Freud, admet qu’une large partie du moi souterrain échappe au contrôle de la conscience. Mais sa recherche anthropologique va au-delà de l’examen de nos pathologies. Elle se rapporte à la dissidence première de l’humanité avec Dieu qui a produit le déséquilibre fondamental de notre nature.

Faute originelle

Sans doute y a-t-il des degrés dans cette appréhension de la gravité de la faute d’origine. Notre nature est-elle corrompue, ou est-elle blessée comme l’affirme la théologie catholique ? Néanmoins, il y a cette conviction commune des effets salvateurs de la grâce à l’encontre de tout ce qui nous détruit.

Ce qui est sûr aussi, c’est que l’on ne voit pas d’alternative à celle de la Révélation pour appréhender les origines du mystère du mal, avant tout du mal moral, qui tiennent d’abord à la relation de l’humanité avec Dieu. Relation dont la brisure nous conduit à l’abîme de nos tragédies.